Fiona
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Portrait du temps qui passe
“Dessiner le temps qui passe
En fusain de saisons qui s'effacent
Sur le papier le grain d'un crayon
Mais le dessin emmuré de l'horizon
Esquisser un regard au bleu de l'azur
Un visage en gouache de murmures
Sur le chevalet poser une trame
Quelques contours à fleur de l'âme
Portrait au glacis qui craquelle
Sous le vernis l'huile n'est guère éternelle
Nul n'est jamais que Dorian Gray
Une peinture sombre au cri d'orfraie
Capturer l'essentiel dans ce dérisoire
Figer à jamais ce qui n'est qu'illusoire
L'éternité de l'œuvre est art abstrait
La surimpression du figuratif au passé
La muse le savait tant qu'elle s'en est enfuie
À vouloir l'immortel on déflore l'oubli
On ne laisse toujours que traces de ce que l'on est
Rarement l'empreinte de ce que l'on paraît
L'éphémère est l'apanage de l'humain
Fol est celui qui croit inverser destin
À se mirer sur la toile tel Narcisse au ruisseau
Il est prédit que rien ne survivra à l'égo
D'aucun ne fixe l'instant , c'est le moment qui nous prend
Tout est surfait en ce reflet de faux semblant
La courbe qui s'ébauche appartient déjà à hier
L'intemporalité ne nous cueillera que poussières
Comme cet encre transparence racontant le temps qui passe
Qui peut-être restera alors que fusain de saisons s'efface.”
©Gisèle-Luce de Christian-James
Portrait nocturne
“À l'orée de la nuit
Lorsque tout soudain se fait gris
Souffle un vent léger
La brise des regrets
Chavirante en pas de deux
Un menuet pour un adieu
Les ombres chatoyantes
À la lune déclinante
Entonnent la chamade
Le clair en chorale de souvenirs
Un voile à fondre soupirs
Aux étoiles qui s'évadent
De camaïeux de rouge blanc
En écarlates de pluie de sang
Quelques gouttes d'hier
Quand le ciel priait poussière
De n'être que l'infini
De celui qui mène à l'oubli
Quelques silhouettes émaciées
L'errance aux âmes déchirées
Le coeur au vide se déploie
Les larmes en perles d'autrefois
À minuit tissant révérence
L'obscurité d'une moindre souffrance
Au loin festoient les mémoires
Le banquet funeste des au revoir.”
©Gisèle-Luce de Christian-James
Un abandon
“Aux abysses s'abandonner
L'ivresse en profondeur à jamais
Mais toujours plus loin , plus près
À soi-même se désavouer
Rien ne retenir que l'oubli
La mémoire en portrait d'amnésie
Morcelée au seuil d'une vie
Au parchemin des croisés indéfinis
Mourir en vivant
La mort en faux semblant
Le masque du temps
L'âme en vol au vent
Se fuir pour ne plus revenir
À l'errance ses souffrances offrir
En chemins de ronces souvenirs
Et à l'hallali son coeur évanouir
Tout laisser même l'innocence
Point n'est autre à la démence
Fusse t'elle jadis clémence
Fleur de Mal est délivrance
Ne plus être qu'une boréale
Sombre aurore d'un nocturnal
Le sang et la morsure initiale
L'illusion d'une Vestale
Initiatique que cet abandon
À l'autel sacré tel un don
Sans calice ni pardon
De soi grimer l'horizon .”
©Gisèle-Luce de Christian-James
Les larmes au bord des lèvres
“Les larmes au bord des lèvres , le silence au bout des yeux
Les joues couleur de suie , le front mendiant aux Cieux
Un visage dans l'exil , l'errance autour du cou
Flou de trop de nuances , le deuil à mes genoux
Le portrait d'une douleur , une démence se craquelle
Folie de l'esprit , les pensées qui m'enlèvent
L'illusion d'un miroir en verre de mes cent teints
Caméléon d'une vie en échappées de bruns
Le marc tari à la source , la fontaine de mes cris
À morsure d'existence , l'amnésie qui s'enfuit
La nuit ne viendra plus , le jour est mort déjà
Lumière de l'incestueux écrasé sous mes pas
À l'ire de mon sang, aux ancres de nulle part
L'ailleurs en ces amarres et le fiel quêtant hasard
L'être en transparence de n'avoir point été
L'espérance est inconnue à ceux que l'on a blessé
Faille originelle des gouffres et de l'absence
Prières soient infidèles en chapelets de sentence
Que Dieu me soit promis, j'en embraserai l'enfer
Il est bien trop tard , l'Eden céans n'est plus que poussières
Des cendres de mon âme au fleuve de mes soupirs
Le râle d'un dernier souffle à mon coeur de cire
Les larmes au bord des lèvres , le silence au bout des yeux
Les joues couleur de suie , le front défiant les Cieux.”
©Gisèle-Luce de Christian-James
Fiona
#tbt #portrait #girl #model #modeltest #young #beauty #beautiful #face #hair #picoftheday #photooftheday #photo #fashion #fashionphotography #photographer #paris #french #blackandwhite #light #line #stripes #geometric #face
Better not to forget
“Blood all over the floor
The night has down
A carmin rose bleeds on my diary
A portrait of the child I was is torn into pieces
On the mirror some prints I surely drew
I can’t remember what has happened
Or i guess it’s better for me to forget
In the hazy air an effluvia of sorrow
Sharpened as my blissful blindness is
The walls are full of grazed mimes of my last sigh
It sounds like I’ve drown into the chaos
The chandelier has lost its candles
All is dark and bright as the same time
I can’t remember what has happened
Or i guess it’s better for me to forget
On my bedside table a letter
The ink is blurred and the writing is rambling
Some words are like meaningless drawings
Those kinds children color in blue
The alphabet used is a mixture of Latin and tears
Resounding as a poisoned spell
I can’t remember what has happened
Or i guess it’s better for me to forget
Next to my pillow the phone is off
Its wire has been bitten
In my mouth a tooth missing
A bitter taste of electricity haunts my smell
Opiates and hypnotics in a bottle of cheap whiskey
Razor blades are scattered between the sheets
I can’t remember what has happened
Or i guess it’s better for me to forget
The clock is chiming midnight and I’m just standing there
Through the dusty window I sketch a sign
A sort of star but this is not in fact
My view wide open I know what it is
I can clearly see the damnation in me
I now remember what has happened
And i guess it’s better for me not to forget.”
©Gisèle-Luce de Christian-James
Le conte d'une destinée
“Toute histoire s'écrit en catimini de déjà dits
Petits pas de feu de destin avant l'oubli
Du jour où au monde nous naissons
À celui où à la nuit nous nous enfuyons
Rien ne se joue au charme du hasard
Pas même le sombre en nos regards
De chimères futiles en illusions sans tain
Le relief dessiné à pinceaux et fusains
L'existence n'est que portrait de nos inachevés
La muse que nul esthète ne saurait esquisser
L'instant est toujours infini face aux morsures du sceau
Celui que les ans ont revêtu de cire de nos maux
Dérive du temps tel mystère qui n'en est point
Rivières de saisons , la source est bien trop loin
Jouvence à la fontaine de lune d'un clair obscur
Mais sur nos visages la trace du dernier murmure
Nos miroirs ne reflètent que ce que nous voulons voir
Fol est celui qui tenterait l'espoir d'y croire
Tout est mensonger au cristal d'une psyché
Telle une fleur de narcisse à la robe profanée
Sortilège en chaque enfant en nous qui pleure
Notre sang coulera bien avant que cessent nos peurs
Les rêves que nous avons chéris s'effaceront
Doucement aux flots de minuit ils disparaîtront
Silencieuse ondée sur la grève des monts enfouis
Nos mémoires ne chantent que l'espace d'une vie
L'aléa de nos souffrances à l'équation inconnue
Demain deviendront feu follet à la lie de la ciguë
Nos charnels apparats en drapés de linceul
La complainte lancinante de nos âmes si seules
De velours ou de soie nos yeux se voileront
Dernier voyage aux adieux de nos Panthéons
Voici mes amis le conte secret de nos destinées
Guère de larmes n'inverseront la roue désenchantée
Toute histoire s'écrit en catimini de déjà dits
Petits pas de feu de destin avant l'oubli.”
©Gisèle-Luce de Christian-James
Un miroir ou la futilité du regard
“Que faut il qu'encore je regarde pour rien ne voir
La vie, les heurts , le sang ne se reflètent qu'en entrevoir
Miroir sans reliure que l'acier qui m'enchaîne
Psyché au tain grimé de trop de peines
Fusse t ‘elle de reliefs parée l'aube se fond à l'aune égarée
Vers une autre lisière , bien au-delà d'esquisse de portrait
Alors chercher son reflet dans les méandres d'un souvenir
Oublier que les années ont passé et néanmoins se mentir
Visage est tel rivage qui sombre et revient aux gré des flux
La lune des marées de l'existence en étoile inconnue
L'apparence n'est qu'illusion d'un éphémère instant
Chimère glanée à la mémoire du temps
Craquelle le verre de la galerie à double face
Pendulaire mouvement de gestuelle qui s'efface
Narcisse en son ruisseau l'ignorait hier
Aujourd'hui il sait le dérisoire de l'écho d'une lumière
Quêter l'être dans les eaux est vague de l'âme
Ondoyante d'un songe au tréfonds d'une lame
Mirer ce qu'il reste de soi avant que ne s'enfuisse le moi
Fol est celui qui de ce défi fera source de foi
Obsessionnel que le labyrinthe borgésien
La symétrie n'existe que dans le chaos et le rien
Et de secret il n'y a point que derrière l'ombrelle et le masque
Boite de Pandore de nos mythologies et nos frasques
La déesse japonaise du soleil Amaterasu le savait
Inverseur de vérité qu'il est traitre au levant de se fier
Spéculaires de ces visions aux yeux meurtris
Prisme déformant de ce qui demain sera oubli
La réalité de toute manifestation n'est que vacuité irréelle
Et point de philosophie ne serait capturer le moment éternel
Lacanisme de cet enfant qui se projette en réverbération
Mais le corps de la souffrance demeurant morcelée en opposition
Tout est illusoire à l'orée de la négation d'autrui
L'Homme est ainsi fait en interstices d'hypocrisie
L'égo de la naissance qui se reconnaît le tout
Mais surviendra un jour la mort au bris du bout
Cet espace éthérien à contresens des frivolités humaines
Le symbolisme en trompe l'œil d'une porte magicienne
Celle d'une limite qui vers un autre monde nous emporte
Aux alouettes je voue ces quelques mots de hasard
À la réflection de mon image , la futilité d'un regard .”
©Gisèle-Luce de Christian-James
Michelangelo Antonioni
Portrait- Monica Vitti
Gelatin silver print.
Une vie , un oubli
Un oubli de vie
“Est-ce la vie qui m'oublie
Ou est ce que j'oublie la vie?
Endormie a l'orée de la nuit
Le coeur en gouttes de pluie
Rêvant de peu de prou , faire fi
L'âme sanglée en lune de suie
Un clair et les yeux obscurcis
La pénombre dans le soir engloutie
Camaïeu d'illusions jamais taries
Tel est le portrait de ma mélancolie
Aux reliures du temps qui me fuit
Que mon reflet en soit ainsi défini
La mire n'est belle qu'à la folie
Passionnément craque nostalgie
Silence sur ce qui reste incompris
Point de partition qui ne tait bruit
Notes d'airain à l'encens de minuit
Nocturne d'orchestre en clef de si
Et cette chamade au chœur maudit
Que sait elle de ce que je suis ?
Et que ne m'a t'elle un jour trahie
Pour que je regrette mon infini?
De remords je me suis emplie
Comme on se pare de joaillerie
A ne distinguer que l'ombre meurtrie
Entre errances et dédales impies
Écorchée à la lame de mon esprit
Au bord de moi le vide se déplie
Esquisse décousue de flânerie
Regard perdu d'une amnésie
Celui de l'aléa de trop de non-dits
N'est hasard que blessure ensevelie
Fragrance délicieuse qui me flétrit
Moi fleur de lys sans mélodie
Que ne fus-je oiseau de paradis?
Livre de m'envoler bien loin d'ici
En cet Eden des baisers interdits
L'amour perlé de flammes nourri
Que n'ai-je été cette harmonie
En cet instant où je me confie
Est-ce la vie qui m'oublie
Ou est ce que j'oublie la vie?”
©Gisèle-Luce de Christian-James