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L'ultime orgueil
“Au seuil de au revoir , tout est si dérisoire, que même les souvenirs en deviennent illusoires.
Rien ne compte plus, tout n'est que deja vus, les sentiments sont peu d'émotions perdues.
L'appel de l'oubli, sans crainte de sombrer dans la folie, doucement une vie s'enfuit.
Nul besoin de regretter, destin est ainsi tramé, et aucune saison ne dure à jamais.
Se revoir à l'été joyeux, dansant au printemps malheureux, l'hiver et l'automne soucieux.
Sentir le parfum du temps, d'une heure, d'un instant, et le laisser s'évanouir lentement.
L'existence est un passage, quelques ridules sur un visage, une empreinte qui s'efface.
Se suffire de ce qui nous blesse, l'absence et la tristesse, des mémoires, une détresse.
Ivre de sanglots, le coeur ne portera guère plus beau, que le noir de ces maux.
Les yeux déjà s'égarent, tout un voyage en ces regards, ici, ailleurs ou nulle part.
Volutes irisées mordant écume, l'âme au corps de brume, l'esprit glanant amertume.
La beauté est souvent cruelle, et le sang est larme du ciel, l'infini peut-être de l'éternel.
L'orgue tonne oraison, le glas d'une souffrance à l'unisson, et la chorale douce d'une chanson.
Virginales en deuil, des couronnes de roses sur mon cercueil , la mort, cet ultime orgueil .”
©Gisèle-Luce de Christian-James






